Auteur: Anne-Claire et Marie
PERSONNAGES DE CETTE HISTOIRE
Anne-Claire et Marie de l’équipe pédagogique ATKA POLAR SCHOOL.
LIEU : SUR L’EAU ENTRE LE VILLAGE ET L’ÎLE DE DISKO (ÉTÉ 2018)
À travers la Polar Week de cette semaine, embarquez avec Anne-Claire et Marie à bord du petit bateau de Nuka pour découvrir la chasse aux phoques.
ATTENTION, cette Polar Week contient des images prises lors d’une sortie de chasse aux phoques (de la chasse au dépeçage).
Difficile de ne pas aborder la chasse aux phoques dans notre journal pédagogique. Pour les groenlandais cette pratique est un véritable pan de leur culture et de leur économie, surtout dans les petits villages. Ainsi, nous vous proposons d’aborder cette Polar Week avec un œil neutre. Libre à vous de la partager dans vos classes ! Comme toutes les Polar Week, ce contenu est créé comme support de connaissance pour découvrir le Groenland. Aucune Polar Week n’est obligatoire.
POINT HISTOIRE SUR LA CHASSE AUX PHOQUES
« Dans un pays sans agriculture et sans industrie, la chasse et la pêche ont toujours été la base de la survie. […] Le phoque est un pan de leur identité, sans phoque, pas de nourriture, pas de vêtements, pas d’éclairage. » Julien Blanc GRAS, Briser la glace, 2016.*
On chasse les phoques pour diverses raisons. Certains tuent des phoques pour se procurer de la nourriture ou des vêtements. C’est une chasse de subsistance, à laquelle il serait incohérent, avec notre système de consommation mondial, de s’opposer. La chasse aux phoques est une pratique ancienne quasi rituelle pour les peuples de l’Arctique.
Les Inuit ne chassent pas par sport, et respectent leur environnement, animaux compris.
En effet le phoque est un animal aux nombreuses ressources. Lorsqu’un phoque est chassé, presque tout est utile à l’Homme : la viande, la peau, la graisse et les os. A titre d’exemple : se chauffer. Avant l’apparition du pétrole la graisse de phoque est utilisée comme combustible, faute d’avoir des arbres qui fournissent du bois. La graisse sera donc brûlée pour se chauffer.
Et du point de vue de la barbarie, la mort des phoques –une balle de fusil ou un coup de harpon dans la tête – paraît plutôt civilisée à la lumière des conditions d’élevage et d’abattage pratiquées dans tous les pays industrialisés.
Pour comprendre d’ou vient la méprise pour la chasse aux phoques de la part des occidentaux, il faut remonter aux années 70, ou une chasse excessive a effectivement lieu dans la région de Terre-Neuve. Les bébés phoques ont été extrêmement chassés pour leur fourrure. Une indignation justifiée s’ensuit, et le message est porté avec succès de par le monde. La chasse aux phoques de moins d’un an est interdite, des quotas et interdictions se mettent en place progressivement. Au point qu’aujourd’hui ce sont les Inuit qui se battent pour survivre, pas les phoques. Aujourd’hui, tout danger d’extinction des phoques est passé.
SI VOUS LE SOUHAITEZ, EMBARQUEZ POUR UNE PARTIE DE CHASSE
En pleine après midi d’été, Anne-Claire et Marie marchent dans le village d’Oqaatsut. Nuka les salue et après quelques échanges de mots groenlandais Nuka propose de venir avec lui à la chasse aux phoques…départ dans une heure, rendez-vous à 17h au ponton.
La chasse aux phoques, ça ne dure pas qu’une heure, elles le savent. Après un rapide calcul, elles devraient être de retour vers 22h… Elles hésitent. Après tout, autant saisir l’occasion qui se présente pour comprendre cette chasse.
A 17h Anne-Claire et Marie sont prêtes au lieu de rendez-vous avec leurs grosses doudounes, leurs gants et bonnets. Nuka aussi est bien habillé car, sur l’eau, il fait vite froid même en plein été.
Anne-Claire et Marie partent avec de nombreuses questions en tête : « qu’allons-nous faire 5h durant ? Comment Nuka s’y prend-il pour chasser les phoques ? Sont-ils sur les icebergs ? Sont-ils plusieurs ? Seuls ? Comment les repère-t-on ? Comment les ramène-t-on au village ? ».
A peine sortie du village d’Oqaatsut dans une barque que Nuka « met les gaz » et s’éloigne rapidement du village. La barque en plastique, inclinée par la puissance du moteur, file sur l’eau. Anne-Claire et Marie se laissent happer par le paysage grandiose qui défile devant elles. La météo n’est pas excellente mais les lumières sont captivantes. En face, l’Ile de Disko et sa calotte glaciaire sublimée par les rayons du soleil. Autour d’elles, une multitude d’icebergs de toutes tailles s’impose sur fond de ciel noir. La pluie ne semble pas loin !
Soudain, sans qu’elles ne sachent pourquoi, Nuka ralenti.
La barque est maintenant bien à plat, la mer est d’huile et les filles muettes. Elles échangent quelques regards d’incompréhension. Mais pourquoi s’arrête-t-on ?
Le bateau avance doucement. Nuka est très concentré. Il scrute la mer. Parfois il utilise les jumelles parfois il les pose pour observer plus près. Alors qu’Anne-Claire et Marie sont concentrées à observer Nuka et tous ses gestes rodés, plutôt que l’horizon, Nuka pique alors une accélération qui plaquent les deux débutantes contre le siège. Anne-Claire et Marie rient lors de cette bousculade car elles sont surprises.
Puis, au loin, dans l’eau…un mouvement.
LA CHASSE
RETOUR AU VILLAGE
CONCLUSION
LE RÉCHAUFFEMENT GLOBAL, UNE VRAIE MENACE
POLAR DICO
- Les phoques du Groenland sont grégaires et passe la majeure partie de leur vie en groupe. Le mâle mesure en moyenne 1m80 pour un poids moyen de 135 kg tandis que la femelle est légèrement plus petite mesurant en moyenne 1m70 pour un poids de 120 kg. En moyenne leur plongée ne durent que de 2 à 3 minutes dépassant rarement 90 mètres de profondeur. Ils peuvent au maximum effectuer une plongée d’environ 18 minutes. Le phoque du Groenland change beaucoup de couleur au fil de sa vie. Le phoque du Groenland, spécifiquement, naît avec une épaisse fourrure blanche, celle recherchée qui a tant causé de tort à l’espèce. Puis il mue, perd sa fourrure, passe par une gamme de blanc tacheté. A l’âge adulte le pelage du Phoque du Groenland est gris avec des taches noires au niveau des nageoires. Il a la tête noire. La couche de graisse située sous la peau du phoque est d’environ 8 cm pour un adulte et peut atteindre jusqu’à 10 cm chez les jeunes tout juste sevrés. Le phoque du Groenland est carnivore et se nourrit de poisson tels que la Morue, la Capelan, le Hareng, le Flétan ainsi que de crevettes et de crustacés.
- Puisi [pui-ssi] = « phoque » en Groenlandais
- Nuka : chasseur et pêcheur du village Oqaatsut. Nuka signifie petit frère en Groenlandais
- Julien Blanc-Gras est un journaliste globetrotter. Il a embarqué sur ATKA lors de la première expédition. Il en a écrit un livre intitulé « Briser la glace » aux éditions Paulsen, 2016, 184p.