Auteur: Marie Pachoud (équipe pédagogique), embarquée sur ATKA en juin et juillet 2018.

 

Historique

Commençons par un peu d’histoire. ATKA ne s’est pas toujours appelé ATKA et Ben n’en a pas toujours été le capitaine.

 

Légende : Photo tirée du livre de Jacques Peignon « Périple Antarctique ».

 

Imaginé par le marin, navigateur et explorateur Jaques Peignon, le voilier ATKA est baptisé à l’origine Glory of the Sea.  

 

Légende : Glory of the Sea dans les glaces, Photo tirée du livre de Jacques Peignon « Périple Antarctique ».

 

Jacques Peignon le conçoit selon les contraintes de la navigation polaire, principalement en Antarctique. Il fait donc construire un voilier singulier qui appartient à la catégorie Périple 50, si singulier qu’il est le seul de cette catégorie. La construction dure plusieurs années. Sitôt le voilier sur pied, Jacques Peignon effectue de longs voyages dans les glaces antarctiques. Glory of the Sea brave alors glaces, banquises, tempêtes et hivernages extrêmement isolés, démontrant ainsi sa fiabilité.

De retour en France, Glory of the Sea est vendu et passe dans les mains de plusieurs propriétaires. Mais ceux-ci ne vont pas chercher ses limites polaires, qui sont pourtant ses terrains de jeu favoris.

Quand François Bernard, alias Ben, se met en quête d’un voilier, Glory of the Sea retient immédiatement son attention. Alors même que le voilier se languit depuis plus de deux ans dans le fond du jardin de son dernier propriétaire, Ben, convaincu de sa résistance et de sa particularité, en fait l’acquisition. 

Ça y est, Ben possède un voilier pour aller dans les régions polaires qu’il affectionne tant. Très vite le projet d’expédition et de partage nait.

 


Changer le nom d’un bateau 

Les marins le savent, changer le nom d’un bateau, ça “ne se fait pas”, ou du moins ce n’est pas simple. Si les formalités administratives sont compliquées, elles restent négligeables face aux superstitions : “ça porte malheur” dit-on dans les légendes marines. Malgré cela, Ben souhaite changer le nom de son voilier. Il existe un cérémonial précis pour conjurer le mauvais sort qui consiste à couper son propre sillage plusieurs fois en faisant des “huit”dans l’eau. Protocole suivi à la lettre, le bateau est rebaptisé ATKA.

 


Aperçu technique du voilier ATKA

« Ben, le capitaine, nous répète qu’il a une pleine confiance en son bateau. Après plus d’un mois à bord en pleine mer et le long du Groenland, on comprend pourquoi. » L’équipage d’ATKA.

 

  • La coque double d’ATKA 

 

ATKA a la solide particularité d’avoir une double coque, avec de la mousse expansive entre les deux couches d’aluminium. Ce système rend le voilier très solide. En effet, si la première coque venait à être fortement endommagée, la deuxième serait encore intacte. 

La mousse expansive quant à elle permet de boucher un éventuel petit trou dans la coque.

L’aluminium rend ATKA plus lourd que d’autres bateaux construits en fibre de verre ou en bois, puisqu’il approche les 17 tonnes lorsqu’il est bien chargé. Il n’est donc pas un voilier adapté à une navigation rapide. En revanche, il est beaucoup plus résistant lors des traversées dans les régions englacées… et c’est l’objectif. 

 

  • Le mât

 

légende : Mat pivot

Le mât d’ATKA est large, permettant d’augmenter la surface de prise au vent de la grand-voile. Il est nommé mât-aile. Profilé, il assure une meilleure circulation du vent depuis le mât jusqu’aux voiles. Pour cela, il n’est pas fixe et peut se régler. Il repose sur une boule de caravane, ce qui lui permet de pivoter et de s’orienter en fonction du vent. Pour une parfaite performance du mât-aile, on utilise ce que l’on appelle un arthur pour en régler la rotation. L’arthur s’oriente à l’aide de bouts, comme les voiles.

Il possède une autre particularité et pas des moindres en cas de tempête : il est équipé d’un flotteur en haut, à l’intérieur. ATKA peut alors gîter jusqu’à se retrouver le mât dans l’eau, ce dernier aidera ATKA à ne pas se renverser davantage. Expérience vécue par son premier propriétaire !

 

  • Les voiles 

 

ATKA possède 3 voiles : le génois, la trinquette et la grand-voile. Ce gréement est plus classique et se retrouve sur d’autres voiliers. Chacune des cordes permettant de régler les voiles s’appelle une écoute, celles permettant de les hisser les drisses.

Exemple : écoute de grand-voile et drisse de génois. Les winchs servent à démultiplier la traction humaine sur les cordages lors des manoeuvres pour contrôler et régler les voiles.

Les voiles se règlent grâce aux winchs.

 

Le winch, un bruit unique à écouter sur ce lien :

 

  • On se lève ! Trappe, hélice, safrans, dérives : 

ATKA a la particularité d’être doté de dérives, de safrans et d’une hélice relevables lui donnent un très faibles tirant d’eau en cas de haut fond et permettent de se poser ou s’amarrer sans dégât sur la banquise. 

 

Au sein du cockpit, il existe une trappe profonde d’un mètre, quasi spécifique à ATKA, et qui fait beaucoup de jaloux raconte Ben. Elle donne accès directement à l’eau depuis le bateau. Au fond de cette trappe, on voit l’hélice. Elle permet de remonter l’hélice lors des hivernages et d’éviter toute casse par la glace. C’est également un accès direct à l’hélice si quelque chose s’y emmêle.

Elle est aussi très utile lors des navigations, facilitant la vie à bord dans les gestes quotidiens (se laver les dents, égoutter les pâtes, jeter des déchets organiques…). L’équipage à un accès direct à l’océan tout en restant en sécurité dans le cockpit. Que demander de plus ?

La trappe a son propre son, à écouter sur ce lien :

Légende : Dérives relevables d’ATKA

 

Les dérives pèsent chacune 1,5 t, elles servent de quille au bateau. Elles sont si lourdes que pour les relever, il faut un winch électrique ou plusieurs bras forts.

Les safrans, actionnés par la barre, servent à diriger le bateau.

 


Venez, entrez ! Voici les quartiers d’ATKA

 

 

L’intérieur d’ATKA est spacieux pour un voilier de 15,5 m de long. A l’avant du bateau, il existe un espace qui ne communique pas avec l’intérieur, avec une cloison étanche qui protège l’intérieur du bateau en cas de collision et évite ainsi qu’il ne prenne l’eau.


Cet espace avant ressemble à un garage, il est dédié au rangement (matériel scientifique, amarres, pare-battages, caisse à outils…) et il est même équipé d’un établi. Cet espace réduit l’espace habitable, mais est très utile.

 

 

Quand on entre par la porte d’entrée d’ATKA, on descend à peine. Cuisine et poste de pilotage se font face. A l’avant du bateau, le carré et ses banquettes jaunes confortables. A côté du carré, deux deux lits d’une place – autrement dit “bannettes” – superposées.

Toilettes et salle de bain de part et d’autre du bateau, équipées chacune d’espaces de rangements.

A l’arrière, deux cabines qui se ferment par une porte. L’une d’une seule place avec un bureau pour les scientifiques, l’autre de deux places. 

 

  • Le poste de pilotage tout équipé 

Jugez par vous-même…

  • Pas d’espace vide

Un tour dans le « sous-sol » du voilier.

 

 

Sous le plancher du bateau, il y a le matériel indispensable au fonctionnement du voilier, à commencer par le moteur.

Mais il y aussi tout un système de pompes permettant d’évacuer les liquides, comme par exemple les eaux grises (eaux de lavage).

D’autres sont là en cas d’incident. Un capteur est installé dans chacune des parties situées sous le plancher. En cas de présence d’eau, fuite de gasoil, etc, dans l’une des cales, le capteur envoie un signal à l’alarme associée située au poste de pilotage. Le tableau de bord du poste de pilotage comporte alors plusieurs boutons permettant d’actionner une ou plusieurs pompes situées dans les cales. Ces pompes permettent de vider le trop plein. 

Ce tour d’horizon du voilier ATKA est terminé, nous espérons que vous avez aimé la visite !

 


 

 

Vous avez probablement des questions, n’hésitez pas à contacter votre référent pédagogique si vous souhaitez quelques détails supplémentaires sur la magie du fonctionnement du voilier ATKA. Cet hiver, nous vous proposerons des compléments d’information sur le fonctionnement d’ATKA bloqué dans les glaces durant un hivernage.

 

Nous vous invitons à suivre la suite des aventures grâce aux Polar Weeks sur https://atka.fr/pedagogie/

 

Au sujet de l’auteur, cliquez sur sa photo pour découvrir Marie.

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