60°19’N 45’40W : Atka à Tasermiut face à l’imposant et irréel Inlandsis !



Un doux rêve qui se laisse caresser et qui un beau matin d’été 2016 prend naissance dans les airs, au dessus de Narsarsuaq.
Un aperçu de la banquise depuis le hublot me fait instantanément monter les larmes aux yeux. Il se dégage déjà une énergie inhabituelle de cette terre du bout du monde qui n’est en rien hostile, mais qui force immédiatement le respect. Dès l’atterrissage le rêve se concrétise. Nous apercevons la silhouette de notre ami Ben et avant tout son immense sourire, le plaisir qu’il a d’être là pour nous faire partager son projet peut être pas le plus engagé physiquement quand on connait son palmarès, mais probablement le plus abouti de sa vie d’homme : le projet Atka.


Avec Max, le capitaine, nous embarquons immédiatement pour une navigation de quelques heures et déjà, les premiers icebergs nous émerveillent comme des gosses devant un arbre de noël. Ça y est nous y sommes. Évidemment qu’en tant que montagnards, nous nous attendions à voir défiler des paysages majestueux, avec une alternance de glace, d’eau et de roche. Le dépaysement est inattendu, instantané, total. Il nous invite à juste être présents, connectés aux merveilles qui nous entourent. Et des merveilles nous allons en découvrir chaque jour de nouvelles et nous sentir grandis et nourris par la pureté des lignes, la matière improbable des glaçons qui croisent notre route, les levers de soleil roses sur une mer létale qui vous serre les tripes depuis la proue du bateau. L’accueil des enfants du village de Tasiusaq, la remontée des fjords sous un soleil radieux face à l’imposant et irréel Inlandsis, les falaises et les glaciers de Tasermiut qui se reflètent dans l’eau au petit matin, ses immenses aiguilles de granit qui s’élèvent fièrement au dessus du fjord et qui traversent du ciel à la mer dans un effet miroir, la découverte de notre première baleine et la chaleur du poêle à nos retours de randonnées… Nous sommes à mi-parcours de ce voyage exceptionnel et vivons au jour le jour en profitant de chaque moment, conscients que ces instants hors du temps auront semé en chacun de nous un respect encore plus grand pour notre belle planète. Alors longue vie au projet Atka, pour que le maximum de terriens en tout genre puisse découvrir et ressentir le Groenland depuis la mer et enfin, deux mots : merci Ben.